Lieux de mémoire

LIEUX DE MEMOIRE

lieux-memoireLa notion de lieu de mémoire signifie l’ensemble des repères culturels, lieux, pratiques et expressions issus d’un passé commun. Ces repères peuvent être concrets et tangibles, comme des objets ou monuments, mais ils peuvent aussi être immatériels, comme l’Histoire, la langue, ou les traditions.

Les lieux de mémoire sont non seulement des objets de connaissance, mais doivent également se révéler des sources d’émotion.

Les traces du passé prennent un sens nouveau lorsqu’elles deviennent Mémoire en prenant appui sur des supports vivants et contemporains. La Mémoire prend vie quand elle rejoint le citoyen.

Selon Pierre Nora, historien français, membre de l’Académie française :

« Les lieux de mémoire, ce sont d’abord des restes. La forme extrême où subsiste une conscience commémorative dans une histoire qui l’appelle, parce qu’elle l’ignore. (…) Musées, archives, cimetières et collections, fêtes, anniversaires, traités, procès-verbaux, monuments, sanctuaires, associations, ce sont les buttes témoins d’un autre âge, des illusions d’éternité. (…)»

Il dit aussi « un lieu de mémoire dans tous les sens du mot va de l’objet le plus matériel et concret, éventuellement géographiquement situé, à l’objet le plus abstrait et intellectuellement construit ». Il peut donc s’agir d’un monument, d’un personnage important, d’un musée, des archives, tout autant que d’un symbole, d’une devise, d’un événement ou d’une institution.

Dans le Finistère, on dénombre de nombreux lieux de mémoire, dont certains rappelent de douloureux souvenirs :

Penguérec, Gouesnou

penguerec4Le massacre de Penguerec est un crime de guerre de la Seconde Guerre mondiale.

Il a eu lieu le 7 août 1944 à Gouesnou, près de Brest.

C’est un cas relativement spécifique dans le pays, par son ampleur (44 victimes), et parce qu’il a été commis par la Wehrmacht, et non la SS, sans préparation majeure contrairement au massacre d’Ouradour-sur-Glane.

Tous les ans, le 7 août, la commune de Gouesnou se remémore ce jour tragique.

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Guipavas, Creach Burguy

Durant l’été de 1944, la libération de Brest est imminente. La tension est à son comble sur la ligne de front. Les parachutistes SS allemands fanatisés, nouvellement arrivés, occupent les positions tout autour des villes entourant Brest. Ils s’apprêtent à résister à l’assaut des américains. Le village de Créac’h Burguy, en Guipavas, est situé sur cette ligne de front.

Il est 16 heures, nous sommes le 8 août 1944, deux coups de feu éclatent dans le hameau. La réaction des allemands est immédiate. Sept hommes sont rassemblés dans la cours d’une ferme, puis froidement abattus..

Le film« On ne peut pas oublier, Créach Burguy. 8 août 1944 », réalisé par la commune en 2009, relate ce massacre.

Le drame de Créach-Burguy (Guipavas)

Plouvien

Les troupes allemandes, puis les troupes américaines, réoccupèrent le site des « Landes de Lanveur » et y creusèrent de profondes tranchées pour leur entraînement, rendant la partie sud du site presque impénétrable.

Un « monument aux fusillés » commémore les 28 personnes exécutées lors de la bataille des 8 et à Plouvien, mais en tout, dans les environs, 185 personnes trouvèrent la mort pendant les combats de la Libération.

Plouvien_Monument_des_fusillés

« Le lundi 7 août à 10h45, les Américains passent dans Plouvien à la grande joie de la population.  La liesse est de courte durée. Le lendemain, mardi 8 août, est une journée noire avec l’arrivée des 266e et 343e divisions allemandes qui rejoignent Brest et entrent dans Plouvien. À la suite d’actes perpétrés contre l’armée allemande, de nombreux otages sont fusillés. Le mardi et le mercredi, ce sont 33 civils qui périssent dans d’affreuses circonstances (croyant garantir leur retraite, les Allemands ont pris 33 otages) le long de la route de Boteden au Narret : 25 à Plouvien. Tout au long de ces 7 kilomètres, 128 civils sont abattus. un peu au-delà du Narret, ces mêmes jours, 57 autres otages sont fusillés à Plabennec, Gouesnou, Guipavas, en portant le nombre à 185. Du côté américain, le général Grow écrira : « les combats du 9 août furent un massacre »

Plouvien : un des panneaux du « Chemin de mémoire ».

L’après-midi du , pendant les violents combats opposant Américains et Allemands, le clocher de l’église de Plouvien fut abattu.

Sources
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Tréouergat

stele-treouergatA Kergoff, une stèle commémorative rappelle l’existence d’un maquis, en août 1944, dans la région de Tréouergat.

Début 1944, Tréouergat abrita un important maquis de résistants FFI qui connu son heure de gloire le 6 août, date à laquelle 1.306 maquisards renforcés par 164 soldats russes se rassemblèrent à Kergoff et menèrent de leurs bases des actions combatives offensives, contribuant ainsi à libérer le secteur de l’occupant Allemand.

Le 6 août de chaque année, il est rappelé le courage de résistants du bataillon FFI de Ploudalmézeau, sous les ordres du lieutenant Grannec et l’intervention courageuse de Mme Drouillard, d’origine ukrainienne qui, en convaincant les 164 soldats russes de rejoindre la résistance locale, a évité un second Ouradour-sur-Glane.

Le Fort Montbarey, Brest

Fort-Montbarey-BrestLe Fort Montaberey est une fortification construite entre 1777 et 1784 à l’ouest de Brest.

Musée Mémorial de la seconde guerre mondiale dans un fort datant de Louis XVI, Crypte du souvenir liste des 10 640 Finistériens Morts pour la France, film sur Brest en guerre, véhicules d’époque, expositions, matériels…

Depuis 1984, il abrite une exposition sur l’histoire du Finistère durant la Seconde Guerre Mondiale, la résistance et la déportation.

Plus d’infos sur la visite du Fort Montaberey

Le drame de l'abri Sadi-Carnot

Nuit du 8-9 septembre 1944

abrisadicarnotConstruit pour protéger la population lors des bombardements, l’abri Sadi-Carnot s’est bâti de 1941 à 1942 au cœur de la ville de Brest. Il s’étend sur une longueur de 560 m entre la porte de Tourville et la place Sadi-Carnot. La catastrophe qui s’est produite dans la nuit du 8 au 9 septembre 1944 a profondément marqué les esprits brestois et symbolisé les souffrances vécues par la population au cours cette période.

Durant le siège de Brest (du 7 août au 18 septembre 1944), dans une ville désertée et ravagée, l’abri Sadi-Carnot est le centre de ce qui reste des services administratifs, sanitaires et religieux de la municipalité qui assurent la survie des 2000 Brestois restés dans la cité. Tandis que l’occupant allemand réquisitionne le tronçon porte Tourville du refuge, la population civile séjourne du côté  place Sadi-Carnot.

Le drame se déroule pendant la nuit du 8 au 9 septembre 1944. En dépit des conventions de Genève, des réserves de munitions et d’hydrocarbures sont stockées dans l’abri. A 2h30, une détonation, suivie d’un chapelet d’explosions, retentit dans le souterrain côté porte de Tourville. Le tunnel s’embrase, des flammes d’une vingtaine de mètres jaillissent au dessus de l’entrée.

planabrisaditcarnotUn membre de l’organisation Todt donne l’alerte. La panique ne semble pas envahir les occupants, mais pour se sauver, ils doivent franchir une cinquantaine de mètres et gravir les 154 marches menant à l’extérieur. Les pompiers appelés en hâte arrivent sur les lieux mais assistent impuissants au pénible spectacle. Près des deux issues, la chaleur est intense et l’air est irrespirable. Ce n’est que vers 17h que le feu est maîtrisé.

Seuls quelques dizaines de personnes ont pu s’échapper du piège. Des rescapés affirment que la porte de l’abri s’était refermée à la suite de la première explosion entraînant l’agonie de plusieurs occupants n’ayant pu regagner la surface. Le bilan est lourd. Le nombre de victimes demeure relativement imprécis. On estime que 373 Français ont perdu la vie dont Victor Eusen, président de la délégation spéciale, ainsi que le père Ricard. Dans le camp allemand, on dénombre entre 500 à 600 victimes (parachutistes de la compagnie de réserve, membres de l’organisation Todt ).

L’origine du drame reste encore aujourd’hui indéterminée et soumis à débat. Est-ce une bagarre entre Allemands, une fausse manœuvre pour allumer le groupe électrogène, ou bien encore une cigarette mal éteinte qui serait la cause de ce désastre ? Les témoignages divergent.

Le dégagement de l’abri ne s’effectue que de manière partielle en raison des bombardements. Il faut attendre la libération pour qu’une équipe sanitaire termine la sinistre tâche où l’horreur se dévoile au fur et à mesure de l’avancée dans le tunnel.

plaqcommmosadicarnot

En 2008, l’abri Sadi-Carnot fait l’objet d’un aménagement. Le projet est de faire de ce site un lieu de mémoire, d’accueil et d’information autour d’un épisode particulièrement douloureux de la seconde guerre mondiale à Brest.

Visite de l’Abri
Le cénotaphe de la Pointe Saint-Mathieu

stelecenotapheLa pointe Saint-Mathieu est une pointe du Finistère située à proximité du Conquet sur le territoire de la commune de Plougonvelin. Elle est bordée de falaises avoisinant 20 mètres de hauteur.

Demandé par Émile Guépratte et Georges Leygues après la Première Guerre mondiale, le Cénotaphe est construit suite à la loi du 26 juillet 1923. La stèle réalisée par René Quillivic, inaugurée le 12 juin 1927, représente une femme de marin.

Depuis 2005, il est ouvert au public et présente une exposition permanente de photos de marins disparus. Une sonorisation égrène le nom des navires naufragés, ainsi que la date, la position et les circonstances si elles sont connues.

Le mémorial est actuellement géré par l’association « Aux Marins » dont la mission est « d’exprimer la reconnaissance du pays à tous ces marins qui se sont sacrifiés pour leur patrie » (…) « Marins de l’Etat, Marin de commerce, Marins de pêche, » (…) « Tous les marins morts pour la France ont leur place dans le cénotaphe. »

Voir le site de l’association aux marins

Plaquette du Mémorial

Mémorial AFN de Pleyben

Les associations patriotiques du Finistère se sont réunies en comité pour ériger un Mémorial départemental pour commémorer combattants finistériens morts pour la France durant la guerre d’Algérie et les combats au Maroc et en Tunisie, de 1952 à 1962.

Mémorial AFN

Le 10 mai 2003, à Pleyben, est donc inauguré, en présence des familles des victimes, des officiels et des associations patriotiques le Mémorial AFN de Pleyben.

Le 5 décembre de chaque année, les anciens combattants viennent rendre hommage aux 419 finistériens qui ont fait le sacrifice de leur vie.

Mémorial Indochine Corée de l'Hôpital-Camfrout

Crée en janvier 2004, le Comité pour l’érection du Mémorial s’est mis au travail après la recherche d’un site. Ce fut à l’Hôpital-Camfrout qu’il fut décidé, à l’unanmitié, d’ériger ce monument, la commune acceptant de mettre à disposition un espace de 3000 m2. Il convenait alors de définir la conception et l’aménagement paysager pouvant créer une ambiance de recueillement.

C’est vers Bruno Panas, sculpteur, que s’est tourné le Comité pour reconstituer un site indochinois aidé par des entreprises locales.

Outre le Conseil Régional et le Conseil Général qui ont subventionné ce monument à 41 %, les communes et les associations patriotiques ont contribué largement à l’érection de ce monument.

Mémorial Indochine

Le jeudi 8 septembre 2005, le monument est inauguré.

Tous les 8 juin, les anciens combattants s’y retrouvent pour commémorer les 724 finistériens morts pour la France en Indochine et en Corée.

Plaquette du Comité

Sainte-Anne d'Auray, Morbihan

memorial-sainte-anne-dauraySainte-Anne d’Auray est une commune du Morbihan célèbre pour son pèlerinage catholique en l’honneur de Sainte-Anne, Patronne de la Bretagne.

L’histoire de Sainte-Anne d’Auray est très liée à la religion chrétienne.

Sainte-Anne-d’Auray (ou en breton Santez-Anna-Wened) est le principal lieu de pèlerinage de la Bretagne. On y vient depuis 1625, pour commémorer l’apparition de sainte Anne, grand-mère maternelle de Jésus-christ, à Yves Nicolazic. Tous les étés, le 26 juillet, un pèlerinage y a lieu : le pardon de Sainte Anne.

On compte une moyenne de 800 000 pèlerins par an à Sainte-Anne-d’Auray.

Jean-Paul II y est venu en pèlerinage le 20 septembre 1996 où il a rassemblé 150 000 personnes, première visite d’un pape en Bretagne.

Sainte-Anne-d’Auray a longtemps fait partie de la paroisse et commune de Pluneret. La paroisse de Sainte-Anne d’Auray fut créée le 1er août 1937, en regroupant le domaine du sanctuaire, l’ancien Keranna et plusieurs villages de la paroisse de Pluneret, ainsi que d’autres villages dépendant jusqu’ici de la paroisse de Plumergat.

Ce n’est que le 26 février 1950 que Sainte-Anne-d’Auray a également été érigée en commune.

Le pèlerinage de Sainte-Anne d’Auray est le plus important de la région. Au xixe siècle, l’affluence est telle que la chapelle devient trop petite. Pour y remédier, la basilique est bâtie. Aujourd’hui, le sanctuaire est le témoin d’une ferveur religieuse typiquement bretonne. En visitant le sanctuaire, on découvre un ensemble de monuments dont le mémorial, élevé en mémoire des Bretons victimes de la Première Guerre mondiale, dû à l’architecte René Ménard.

Site du Mémorial des bretons morts pour la France